concepts structurants #
des concepts opérants 5 ## : les deux mondesLe contenu de la page
deux mondes
Gulliver, quand il rencontra les Lilliputiens, fut très étonné : de petits hommes qui pouvaient comme lui, courir, marcher, se battre… mais à une autre échelle.
De la même façon, le jeune Aurélien qui a trouvé un jeu dans la cour : il suit l’instituteur et refait les mêmes actions que lui : l’adulte marche tout droit, il marche tout droit. Celui-ci bifurque vers la droite, il fait de même…
Il est indéniable que des événements similaires se déroulent dans le monde d’Aurélien et dans celui de l’instituteur, basés dans ce cas sur l’idée du même (modulo la taille) avec cependant un point de départ du parcours différent.
des mondes parallèles ?
Pour la marche des facteurs*, Sandrine essaie de montrer avec difficulté la grandeur du pas que faisait son père pendant la course à St Pol : elle doit en faire deux. Le petit Bertrand tente de refaire le pas de facteur, mais sans succès : il doit faire quatre pas pour réussir.
« Mon petit frère me suit toujours. Il veut faire pareil que moi. Et ça m’énerve. »
« Chez ma grand-mère, il y a un chien. Quand je cours, il court. Quand je m’arrête, il s’arrête.
« J’ai vu deux danseurs de claquettes. Ils dansaient exactement pareil. »
« Mon petit frère commence à parler. Quand je dis « perlimpinpin », il dit « perlimpinpin ».
« Moi, mon chien, quand je lui dis « couché ! », il se sauve. »
L’idée aussi simple que générale qui sous-tend tout ceci est : je fais ceci, il fait la même chose (les danseurs de claquettes, le chien de ma grand-mère) ou il essaie de reproduire la même chose, à son échelle : un pas dans le monde des facteurs équivaut à deux pas dans le monde de Sandrine et à quatre dans celui de Bertrand).
» Je fais ceci, il fait cela ». Tout l’intérêt par la suite est de préciser le « ceci » et le « cela », de voir si « ceci » et le « cela » produit sont les « mêmes », si le « cela » est conforme au « ceci », ou s’ils diffèrent, et de quelle manière.
Quelques autres exemples :
. La bagarre : il m’a donné un coup de pied, je lui ai donné un coup de pied. Il m’a donné une claque, je lui ai donné une claque.
. Les albums de coloriage : le modèle et le dessin à colorier.
. Le perroquet qui répète…
. Quand un petit non-autonome doit recopier son texte libre : dans un premier temps, j’écris sous sa dictée son texte au crayon papier sur son cahier et il repasse. Puis je l’écris au stylo et il le recopie en-dessous. Enfin, quand il est un peu plus âgé, je rédige son texte sur une feuille de brouillon et il doit le retranscrire sur son cahier.
. La télé en direct : ce que je vois sur l’écran est exactement ce qui se passe là-bas, dans la réalité.
. Le tennis à Flushing Meadow : on suit les mêmes événements mais qui ne déroulent pas à la même heure (chez nous, il fait noir, chez eux, il fait soleil.)
. La magie dans l’histoire des hommes (utilisation de poupées pour faire le mal à distance, etc.)
Le concept des deux mondes est présent dans ce que vivent et disent les enfants. A nous de l’entendre…
Derrière ces quelques autres situations similaires de « quatrième manquant » se cache le concept de proportionnalité.
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Pour résoudre ce type de problèmes, deux types d’explorations de la situation sont possibles : une exploration horizontale ou une exploration verticale*
* voir la partie 3, au chapitre 8 suivant : comment ?/ explorations
changements
Un autre concept opérant apparait, celui de désobéissance, celui d’une non-conformité fortuite ou volontaire.
L’obéissance, c’est de respecter les consignes données : je dis: « debout » et il se lève.
La désobéissance, elle, est plurielle :
. une désobéissance « anarchique » : je dis « debout », il écrit. Je dis « assis », il chante.
. une désobéissance plus structurée, prévisible, calculable : je lui dis « debout », il s’assoit. Je dis « assis », il se lève…
Je dis « Donne-moi un crayon », il m’en donne deux. « Donne-moi deux crayons » et il m’en donne trois.
Ou « Donne-moi deux crayons », il m’en donne quatre.
Je dis « Donne-moi un stylo rouge », il m’en donne un bleu, « Donne m’en un bleu », il m’en donne un vert, et » Donne m’en un vert », il m’en donne un rouge.
« Place-toi là et fais ce chemin ». Il se place ailleurs mais fait le même chemin. Ou alors, il change certains éléments du chemin.
« Quel jour sommes-nous, Aurélie ?
– Mardi, répond Anthony. (Anthony est le voisin de gauche d’Aurélie)
Je dis, en montrant Anthony : « Je vous présente Aurélie ». Rires.
En montrant Ludivine : « Comment t’appelles-tu ? «
– Gaëlle (voisine de gauche de Ludivine).
Et le jeu continue, entre le monde réel, celui des enfants de la classe et un monde imaginaire que l’on peut cependant créer avec une certaine assurance puisqu’on a un fil conducteur : la structure, la relation « est le voisin de gauche de ».
